Dans un précédent article, je racontais l’histoire d’une entreprise qui voulait supprimer son site parce qu’il ne lui apportait aucun contact. Pour ce cas de figure, je proposais un test en dix minutes pour comprendre ce qui bloquait.
Après ce genre d’échange, une question revient presque toujours : » ok, mais concrètement, que regarde le visiteur sur mon site avant de me contacter ? «
C’est effectivement toute la question quand on veut transformer les visiteurs de votre site en nouveaux clients. Et pour y répondre, il faut arrêter de regarder son site comme on le regarde soi-même : en entier, de haut en bas, avec indulgence. Votre futur client ne lit pas votre site en entier. Il le parcours très vite, sur son téléphone, avec souvent deux autres sites ouverts à côté. Alors voici ce qu’il se passe réellement dans cette situation, étape par étape.
Étapes 1 et 2 : avant votre site, il y a un problème et une recherche
Tout commence par un besoin. Une fuite d’eau un dimanche soir, un litige avec un employeur, un voyant sur le tableau de bord de la voiture familiale, une rénovation repoussée depuis deux ans. La personne est parfois pressée, parfois inquiète, rarement disposée à lire de longs textes.
Elle prend son téléphone et cherche avec ses mots à elle, pas avec les vôtres. Elle ne tape pas « solution fuite canalisation », elle tape « plombier Béziers ». Et de plus en plus souvent, elle pose directement la question à une IA comme ChatGPT ou Gemini, ou se contente de la réponse générée en haut des résultats Google.
Sur ces deux étapes, votre site ne joue qu’un seul rôle, mais il est décisif : être trouvé !C’est le travail du référencement naturel (le SEO) et, désormais, de la visibilité dans les réponses des IA (appelée le GEO ou encore AEO). Si vous n’apparaissez pas à ce moment-là, la suite du parcours ne vous concerne tout simplement pas.
Étape 3 : il ouvre trois onglets, et il élimine
C’est l’étape la plus sous-estimée. Le visiteur ouvre votre site et ceux de deux concurrents. Il ne fait pas de tableau comparatif, il cherche une raison de fermer des onglets, pour ne garder que celui qui lui semble le bon.
Et en général on se fait éliminer pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la qualité de son travail.
01.
Une page qui tarde à s'afficher
Sur mobile, quelques secondes d’attente suffisent pour que le visiteur revienne aux résultats et clique ailleurs. Google fixe d’ailleurs un repère clair : le contenu principal d’une page devrait apparaître en moins de 2,5 secondes. Les causes sont presque toujours banales : des photos envoyées directement depuis un téléphone sans être redimensionnées, des extensions accumulées au fil des années, un hébergement d’entrée de gamme saturé aux heures de pointe.
02.
Un premier affichage de contenu qui ne dit rien
« Bienvenue sur notre site », « Votre satisfaction est notre priorité », une grande photo de poignée de main tirée d’une banque d’images gratuite en ligne… Rien de tout cela ne répond à la seule question que se pose le visiteur : suis-je au bon endroit ?
Selon une étude de Nielsen Norman Group, plus de 50% du temps passé sur une page l’est sur la partie visible de l’écran, avant même de faire défiler. Si cette zone ne dit pas ce que vous faites, pour qui et où, vous perdez probablement la plupart des nouveaux visiteurs.
C’est moins poétique qu’un slogan certes, mais c’est exactement ce que la personne est venue chercher. Et une vraie photo de vous, de votre atelier ou d’un chantier aura toujours plus d’impact qu’une photo générique utilisée sur des dizaines d’autres sites web.
03.
Un site qui semble abandonné
Une dernière actualité qui date de 2019, une date de « copyright » restée figée, une prestation mise en avant mais que vous ne proposez plus.
Le visiteur ne se demande pas si vous êtes compétent : il se demande directement si vous êtes encore en activité…
Étape 4 : il vérifie que vous existez vraiment
Les onglets qui ont survécu à l’élimination passent ensuite à l’examen.
À cette étape, le visiteur ne cherche plus le meilleur prestataire, il cherche à se rassurer. Et 3 éléments pèsent lourd à ce stade
Ce que les autres disent de vous
Les avis Google d’abord : leur nombre, la note, et surtout la date du dernier. Une fiche dont l’avis le plus récent a trois ans inspire moins confiance qu’une fiche plus modeste mais vivante. Sur le site, quelques avis bien visibles (avec un prénom et une ville, pas trois initiales), des réalisations concrètes « avant, après » font le même travail. Sans oublier les preuves qui ne coûtent rien : votre ancienneté, votre assurance décennale, vos labels ou certifications, votre inscription à un ordre professionnel, vos mentions légales.
Une offre qu’il comprend
Le visiteur doit retrouver ce qu’il recherche, formulé comme il le formulerait lui-même. Un particulier n’a pas « un besoin de mise en conformité de son installation » : il veut savoir si vous pouvez « changer un tableau électrique qui disjoncte ». Et une liste de 15 prestations donne surtout l’impression que vous faites tout, donc rien en spécialité : 3 à 5 prestations bien expliquées valent mieux.
Reste la question du prix, que beaucoup préfèrent éviter. Mais vous n’êtes pas obligé d’afficher un tarif ferme, mais une fourchette (une salle de bain complète se situe généralement entre X et Y € selon la surface, par exemple) ou un exemple récent chiffré évite de perdre tous ceux qui ont déjà un budget en tête et n’osent pas appeler « juste pour demander ».
La cohérence entre votre site et votre fiche Google.
Il arrive que les visiteurs font des allers-retours entre les deux (notamment pour aller voir les avis vu qu’ils ne sont pas présents sur le site). Un numéro différent, des horaires qui ne correspondent pas, une ancienne adresse restée sur l’un des deux : ces petits écarts sèment le doute. Google recoupe d’ailleurs ces informations, et une fiche Google Business à jour est souvent ce qui vous fera apparaître dans les entreprises mises en avant (avec la carte, les adresses et les étoiles), avant même votre site internet.
Étape 5 : il vous contacte ou il part
Le visiteur est convaincu, ok. Il reste un dernier obstacle, et c’est celui qui fait le plus de dégâts : le passage à l’action. Selon votre métier et selon la personne, ce sera un appel, un formulaire ou une prise de rendez-vous en ligne. Dans tous les cas, la règle est la même : le moindre effort de trop, et il repart.
Faites l’essai sur votre propre téléphone. Ouvrez votre site et essayez de vous contacter, par le moyen que vos clients utilisent le plus. Si vous devez chercher votre numéro, descendre jusqu’au pied de page, remplir dix champs de formulaire ou passer par trois écrans pour réserver un créneau, imaginez la même scène chez quelqu’un qui ne vous connaît pas et qui a deux autres onglets ouverts…
Les points qui font la différence :
- un numéro cliquable : visible dès le premier écran et accessible depuis toutes les pages, pas seulement l’accueil. Sur mobile, une barre de contact fixe en bas de l’écran est souvent la modification la plus rentable qu’on puisse faire sur un site
- un formulaire court : nom, téléphone, besoin en une phrase, ville. Chaque champ supplémentaire est une occasion d’abandonner
- une prise de rendez-vous en ligne visible : si votre activité s’y prête (cabinet médical ou paramédical, avocat, institut, garage) : un bouton clair dès le premier écran, qui mène directement aux créneaux disponibles, plutôt qu’un lien perdu dans la page contact
- vos horaires et votre zone d’intervention : pour que le visiteur sache s’il peut appeler maintenant et si vous vous déplacez jusqu’à Agde, Pézenas ou Narbonne
- un formulaire qui fonctionne vraiment : ça paraît évident, et pourtant je tombe régulièrement sur des formulaires qui n’envoient plus rien depuis des mois sans que personne ne s’en soit aperçu.
Et après l'étape 5 ? Celle que personne ne regarde...
Le parcours ne s’arrête pas quand le formulaire part. Une demande qui attend deux jours une réponse est une demande perdue, quelle que soit la qualité du site qui l’a générée.
Une étude publiée en 2011 par la Harvard Business Review, portant sur plus de 2 000 entreprises américaines, l’avait bien montré : près d’une entreprise sur quatre ne répondait jamais aux demandes reçues en ligne, le délai moyen de réponse dépassait 40 heures, et celles qui rappelaient dans l’heure avaient environ sept fois plus de chances d’avoir un véritable échange avec le prospect. L’étude a quinze ans, mais je ne connais personne dont la patience ait augmenté depuis.
Avant de conclure que votre site ne rapporte rien, vérifiez donc aussi ce qui se passe de votre côté : sur quelle adresse arrivent les messages, qui les lit, et en combien de temps ils sont traités. Vous n’avez pas besoin d’être le meilleur. Vous avez besoin d’être celui qui répond.
Pas besoin de refaire tout votre site
La bonne nouvelle, c’est que la plupart de ces points ne demandent pas de refonte. Réécrire la phrase du premier écran, rendre le numéro cliquable, compresser les images trop lourdes, remonter trois avis en page d’accueil, mettre à jour ses horaires sur Google : ce sont des corrections ciblées, souvent réalisées en quelques heures. Votre nom de domaine, son ancienneté, vos contenus et le référencement déjà acquis restent en place.
À l’inverse, changer tout le design ou lancer de la publicité payante avant d’avoir corrigé ces bases revient souvent à envoyer plus de monde vers un site qui laisse partir les visiteurs. Et comme je l’expliquais dans mon article sur la refonte de site et le SEO, une refonte mal préparée peut même vous faire perdre les positions que vous aviez.
En résumé, votre site et le parcours du visiteur
Votre site n’intervient qu’à trois moments du parcours : quand on vous compare, quand on vous vérifie, et quand on décide de vous contacter. Il n’a pas besoin d’être le plus beau de sa catégorie. Il doit éviter d’être éliminé, rassurer celui qui hésite, et rendre la prise de contact évidente pour celui qui est prêt.
Si vous voulez qu’on regarde ensemble votre site avec les yeux d’un visiteur pressé, je vous propose un créneau de 30 minutes, gratuit et sans engagement.
FAQ - Questions fréquentes sur la refonte de site et le référencement
Combien de temps un visiteur reste-t-il sur un site avant de partir ?
Très peu. Les travaux de Nielsen Norman Group montrent que les premières secondes décident souvent de tout : si la page ne dit pas immédiatement ce que vous faites et où, l’internaute revient aux résultats de recherche. C’est pourquoi le premier écran compte plus que tout le reste du site.
Faut-il afficher ses prix sur son site internet ?
Pas forcément un tarif ferme, mais un ordre de grandeur aide beaucoup. Une fourchette, un tarif « à partir de » réaliste ou un exemple de chantier chiffré rassure le visiteur et filtre les demandes hors budget, sans vous engager sur un devis.
Mon site est beau, pourquoi les visiteurs ne me contactent-ils pas ?
Parce que le visiteur ne juge pas l’esthétique, il cherche des réponses : ce que vous faites, si d’autres vous ont fait confiance, combien ça coûte à peu près et comment vous joindre en un geste (appel, formulaire ou rendez-vous en ligne). Un site très soigné peut échouer sur l’un de ces points, ou simplement être trop lent sur mobile.
Faut-il refaire son site pour qu'il génère plus de contacts ?
Rarement. Dans la plupart des cas, des corrections ciblées sur le premier écran, les avis, la page des prestations, le contact et la vitesse suffisent à améliorer nettement les résultats, sans perdre l’ancienneté ni le référencement du site existant.